Précision

Ce que que vous lisez ici, ce sont mes impressions, parfois à chaud, basées sur ma connaissance de l'histoire du pays, de sa situation présente et sur ma culture générale, toutes étant forcément limitées et, en tout cas, relatives. Ces réflexions n'engagent que ma personne, ne représentent aucun parti ou groupe organisé et ne se rapportent à aucun projet politique établi. Ce sont les simples réflexions d'un citoyen intéressé au devenir de son pays et concerné par le sort de son peuple qui voudrait apporter quelque chose à l'un et à l'autre, mais qui n'a rien d'autre à offrir à part ces cogitations.

Thursday, February 10, 2011

Ce n'est pas une chronique

Parti de moins que rien (handicapé visuel issu d'une famille démunie économiquement, socialement et intellectuellement), ce que je suis aujourd'hui, c'est-à-dire un être humain à qui il est donné de vivre dignement lui-même et les siens sans être dépendant de personne pour cela, outillé pour gérer sa vie convenablement, comprendre un tant soit peu ce qui se passe autour de lui et se défendre en cas de besoin, est un pur produit de l'enseignement. Depuis, je crois dur comme fer que l'instruction est la chose la plus précieuse qu'on puisse avoir la chance de posséder ou la malédiction d'en être privé et c'est le message que je n'ai cessé de marteler à mes fils et de répandre autour de moi.
La scène qui m'a le plus marqué dans tout le tapage médiatique fait autour de "l'hiver de Tunisie" (je n'ai malheureusement pas réussi à mettre la main sur la vidéo) est celle insoutenable d'une fillette quelque part à Sidi Bouzid ou dans ses environs qui, à la question stupide du journaliste qui l'interrogeait si elle voulait aller à l'école a répondu de la seule manière possible, éclatant en sanglots (elle ne fut pas la seule), lui renvoyant à son tour cette autre question qui n'en est pas une : "Comment voulez-vous que j'aille à l'école ?!".
Je sais que l'enseignement en Tunisie n'est plus l'outil de promotion socio-économique qu'il était (j'espère y revenir dans l'une de mes chroniques), mais il n'en demeure pas moins la seule planche de salut à la fois suffisamment fiable, si on s'y accroche bien, et envisageable pour tous. J'ai longtemps hésité avant de poster cette proposition, sachant qu'elle allait être difficile à mettre en œuvre dans ses aspects pratiques et, surtout, redoutant les malentendus et autres suspicions inévitables dès qu'il est question d'argent. Je n'ai trouvé le courage nécessaire qu'en pensant que mes lecteurs vraisemblablement très peu nombreux sont pour la plupart des gens qui me connaissent, ce qui devrait réduire la deuxième difficulté, au moins en partie. Les autres peuvent s'adresser à ceux de la première catégorie, à moi-même ou simplement faire seuls leur petite enquête, mon identité et mes coordonnées étant révélés sur ce blog.
Ce que je propose, c'est de constituer un fond pour offrir un soutien financier minimal mais durable à des enfants qui en ont besoin pour qu'ils puissent faire des études et aller le plus loin possible dans ces études. Les contributions sont naturellement volontaires. Elles n'ont pas besoin d'être énormes, mais elles doivent être permanentes sur une base mensuelle. Je suis prêt à commencer avec le nombre le plus réduit qui viendrait s'ajouter à ma personne. Il s'agit d'identifier ces enfants, préférablement en début de scolarité ou même à l'âge d'être scolarisés et de leur assurer une pension mensuelle fixe dont il faudra déterminer le montant en tenant compte du niveau de vie local et des besoins minima pour qu'un élève puisse continuer à fréquenter l'école, le lycée ou la faculté. Les bénéficiaires seraient sélectionnés préférablement dans les zones de l'intérieur du pays, dans les régions réputées les plus démunies, en privilégiant les villages aux villes... (tous ces détails peuvent être affinés avec les contributeurs).
Ne vivant pas sur place, je pense compter sur l'apport d'un ami ou deux (plus si je trouve des volontaires disponibles et fiables). Il serait tenu une comptabilité rigoureuse et des informations complètes sur les contributeurs et les bénéficiaires qui seraient mises à la disposition de tous les contributeurs. Une dernière précision, a priori, je crois qu'il est préférable que ces derniers soient exclusivement des tunisiens pour éviter un autre malentendu car je ne veux pas que cette initiative soit conçue comme une oeuvre de charité. Je m'en excuse auprès de mes amis non tunisiens (je sais que quelques uns me lisent) et j'espère qu'ils comprendront.
Voici mon idée dans les grandes lignes. Qui lui trouve quelque intérêt peut me contacter, préférablement sur l'adresse électronique de ce blog, mais rien ne vous empêche de me contacte personnellement pour ceux qui ont déjà mes coordonnées personnelles (ceux qui ne les ont pas et les veulent peuvent aussi bien me les demander).
PS. Je sais que ce genre d'initiatives  marchent le mieux quand elles sont postées sur facebook, mais je ne suis pas sur facebook et je ne suis pas près d'y aller. Je sais que mes fils qui eux y sont peuvent le faire à ma place, mais je ne sais pas si c'est même souhaitable. Je n'ai pas envie de voir affluer beaucoup d'argent sans être bien préparé à le gérer et à l'utiliser à bon escient comme je veux encore moins recevoir des milliers ou même des centaines de contributions les premiers jours pour me retrouver au bout d'un ou de deux mois avec quelques dizaines ou moins...

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