Précision

Ce que que vous lisez ici, ce sont mes impressions, parfois à chaud, basées sur ma connaissance de l'histoire du pays, de sa situation présente et sur ma culture générale, toutes étant forcément limitées et, en tout cas, relatives. Ces réflexions n'engagent que ma personne, ne représentent aucun parti ou groupe organisé et ne se rapportent à aucun projet politique établi. Ce sont les simples réflexions d'un citoyen intéressé au devenir de son pays et concerné par le sort de son peuple qui voudrait apporter quelque chose à l'un et à l'autre, mais qui n'a rien d'autre à offrir à part ces cogitations.

Sunday, May 22, 2011

Monsieur !

Invité d'une émission sur la première chaine de la télévision nationale, monsieur Youssef Seddik, écrivain bien connu, racontait comment il avait écrit en 1987, à peine quelques semaines avant la prise du pouvoir par le Général Ben Ali et à la demande expresse de ce dernier, trois articles pour le journal La Presse sur le thème Islam et Politique, ce que je savais (enfin, je savais qu'il avait publié ces articles ; je ne savais pas que cela lui avait été expressément demandé par Ben Ali). Il a notamment expliqué comment il avait alors pris une position courageuse unique à l'époque en écrivant "monsieur Ghannouchi" pour parler de celui qui était déjà le chef du mouvement islamiste ! Et ça, en revanche, je ne le savais pas. Je veux dire que je ne l'ai pas remarqué, inconscient que j'étais de la portée politique et intellectuelle de l'usage de ce titre. Inconscient, je le suis toujours, moi qui on use et abuse en allant jusqu'à l'accoler au nom infâme de Ben Ali. Au fait, ne dit-on pas à quelque chose malheur est bon ? Tiens ! Si, par l'un de ces incroyables retournements de l'histoire monsieur Ben Ali devait l'un de ces jours se remettre en selle et reprendre les rênes du pays, je pourrais, alors, me prévaloir du courage exceptionnel et de la loyauté exemplaire dont j'ai fait preuve en n'hésitant pas à parler de "monsieur Ben Ali" alors que tout le monde l'insultait et le ridiculisait à qui mieux mieux... Décidément, on ne finit pas d'apprendre.

Qu'est-ce que je disais ?

Dans mon tout dernier article posté avant hier, j'écrivais :
Enfin, le risque ultime serait de formaliser et d'officialiser une situation censée être provisoire dans ses structures et ses modalités de sorte que le gouvernement en place cesse d'être provisoire ou de transition et que la prochaine échéance électorale soit renvoyée aux calendes grecques sous couvert de la "gravité des circonstances"...
La suite est connue de tous depuis quelques minutes. Je n'irai pas jusqu'à dire que le petit paragraphe cité plus haut aura été prophétique, pas encore en tout cas, mais, pour l'instant, on peut dire au moins que cela commence plutôt mal car quelles sont ces circonstances toutes nouvelles qui n'étaient pas connues jusqu'à il y a à peine deux ou trois jours lorsque le premier ministre déclarait aux médias français que le gouvernement avait la ferme volonté d'organiser l'élection de l'assemblée constituante à la date prévue et qui sont intervenues depuis pour infléchir cette volonté ? Monsieur Caïed Essebsi pourra toujours rétorquer qu'il avait aussi indiqué qu'une commission chargée de l'organisation de l'élection avait été créée et que c'était cette commission-là qui en avait désormais la responsabilité. Ladite commission, de son côté, en annonçant la nouvelle, s'est empressée de préciser qu'il ne s'agissait là "que d'une proposition" de sa part. Donc, du moins en théorie, le gouvernement, s'il le désire et si sa volonté est bien celle qu'avait professé son chef, peut toujours rejeter poliment la proposition en question et maintenir les élections à la date initialement annoncée...
Wait and see!